Aujourd’hui nous commençons l’exploration des maladies pouvant expliquer le mythe des vampires (parce qu’il n’y en pas qu’une). Pour cela je vais me pencher sur un film de vampires largement apprécié par la gente féminine. Non ce n’est pas Twilight (j’en ai déjà parlé) mais Entretien avec un vampire. En même temps il suffit de voir le casting masculin pour comprendre : Brad Pitt, Tom Cruise et Antonio Banderas… Tout est dit. Il faut également reconnaitre que l’histoire d’Anne Rice est plutôt bonne. Ah je ne me lasserais pas des jérémiades de Louis -contrairement à d’autre (Lestat). Bref un film de vampire qui est plus psychologique que d’horreur pur (il est quand même interdit aux moins de 12 ans avec raison car certaines scènes sont choquantes).
Pour en revenir aux causes médicales des légendes de vampires, je parlerai ici des porphyries et en particuliers des porphyries érythropoïétiques. Ces maladies sont des maladies génétiques qui entrainent une accumulation de molécules précurseur de l’hème. L’hème est la partie non-protéique de l’hémoglobine. Cette partie est celle qui s’attache au fer qui transporte l’oxygène en s’oxydant (en gros l’atome de fer rouille). 4 molécules d’hèmes se combinent avec 4 protéines dites globules pour former l’hémoglobine. L’hème est fabriqué par l’organisme à partir de plusieurs molécules l’une venant du cycle de Krebs qui transforme le sucre en énergie (succinyl-CoA) et l’autre est un acide aminé (glycine). Ces deux molécules sont transformées par une série de protéines en hèmes. Toutes les protéines sont codées par des gènes et une mutation peut rendre l’une d’elles inefficace et donc, dans le cas présent, la formation d’hème. Les molécules précurseur de l’hème s’accumulent alors dans l’organisme entrainant divers symptômes. Parmi eux, il y a des cas de destruction de l’épiderme (la peau) lors d’exposition au soleil obligeant les malades à éviter la lumière du jour, une coloration rougeâtre des dents et des ongles (les molécules sont des pigments violet-rouge), une nécrose de la gencive faisant anormalement ressortir les dents, une croissance rapide des cheveux… Bref de quoi rappeler les descriptions légendaires des vampires. D’ailleurs le biochimiste David Dolphin a émis l’hypothèse en 1985 d’un lien entre ces maladies et les mythes de loup-garou et de vampire (ces deux espèces sont en fait très proche, je reviendrais dessus).
Néanmoins les porphyries ne sont pas les seules maladies ayant des symptômes rappelant les caractéristiques des vampires, nous avons déjà vu la rage et nous en verrons d’autres plus tard. Cela démontre que bon nombre de superstitions reposent souvent sur une méconnaissance du monde qui nous entoure. Mais, personnellement je ne suis pas prête de me lasser des films de vampires. Au fait, pourquoi je parle de ça aujourd’hui? Et bien la minute de la connaissance de ça m’intéresse d’aujourd’hui vous en parles également.
Logarithme népérien
Entretien avec un vampire (Interview with the Vampire), 1994
Réalisé par Neil Jordan
Avec Tom Cruise, Brad Pitt, Stephen Rea…
Film américain
Durée 2h03min
Interdit aux moins de 12 ans
Aujourd’hui, des chercheurs ont déclaré avoir percé le secret du vernis des violons stradivarius. Cette découverte me permet de vous parler d’un film que j’aime : Le Violon Rouge. L’histoire est assez un-résumable sans dévoilé une partie importante de l’intrigue. Mais bon je fais essayer de vous faire un condensé : on suit un violon -rouge- d’un maître luthier italien (non pas Stradivari) à travers les époques et les lieux jusqu’à nos jours.
un stradivarius (image sous les droits creative communs provenant de wikipépia)
Dans le film, un scientifique s’acharne à comprendre le mystère du violon rouge. De même, les chercheurs ont déjà pas mal examiné sous toutes les coutures les stradivarius pour découvrir le secret de leur perfection. Devant un manque d’explication complète, les théories les plus folles circulent.
Dans l’étude qui vient d’être réalisée, les scientifiques ont travaillé en collaboration entre chercheurs (15 personnes de 7 laboratoires) mais également avec le Musée de la musique qui a fourni les 4 violons étudiés ainsi qu’une tête de viole d’amour. Rassurez-vous les violons n’ont pas été détruits, le travail ayant reposé sur une parcelle de vernis de la taille d’un grain de semoule provenant de chaque instrument. Ce n’est pas beaucoup mais ça a permis de révéler un mystère jusque là bien garder. Les chercheurs ont d’abord utilisé un microscope à UV (on utilise des UV à la place de la lumière et cela permet un meilleur grossissement par rapport à un microscope optique). Cette manipulation a mis en évidence deux couches de vernis dont la deuxième contient les pigments (rouges eux aussi).
Pour déterminer la composition chimique exacte, le vernis passe dans un accélérateur d’électron. Et, oh surprise, Stradivari utilisait un simple vernis à l’huile (comme les ébénistes ou les peintres).
Le coordinateur de cette recherche n’hésite pas à dire : « Il n’était pas non plus allé traire les abeilles de Hongrie orientale une nuit de pleine lune ». Pour préciser encore cette composition, le vernis passe d’autres « examens » : chromatographie, spectrométrie de masse, le tout pour séparer les différentes molécules qui le compose selon leurs caractéristiques chimiques et physiques. Bref une couche d’huile de peintre et une autre couche de la même huile avec de la résine de pin. Une autre surprise attendait les scientifiques, il n’y a pas un pigment rouge mais des pigments rouges. Conclusion : le vernis n’était pas là pour l’acoustique mais pour la couleur.
Pour en revenir au film, il montre bien la fascination que les gens peuvent avoir devant des instruments mythiques et la curiosité des scientifiques à percer les secrets de tout type. Mais surtout je trouve l’histoire extraordinaire. Le récit est découpé en chapitres et on ne comprend qu’à la fin le ressort complet de l’intrigue et cela mérite un deuxième visionnage pour voir que tout était là dès le début.
Le violon rouge, 1998
Réalisé par François Girard
Avec : Greta Scacchi, Jean-Luc Bideau, Anita Laurenzi…
Film canadien, britannique, italien
Durée 2h20 min
Note personnelle
Ultra méga cool
Et voici la bande annonce en vostf (le film est à voir en vo car il y a un jeu entre les différentes langues)
Cette semaine est sortie le deuxième film de quadrilogie Twilight. Étant une grande fan, je suis bien sûr déjà été le voir. Mais je ne vais pas vous parlez de cet opus mais du premier Fascination. D’accord, c’est un film gentillet pour adolescente, mais je suis restée très jeune dans ma tête. Ce film met en scène une histoire d’amour entre une jeune fille un peu godiche et un beau vampire. Nous nous intéresserons à ce jeune vampire (et non, je ne vous parlerais pas des origines du mythe des vampires mais ça viendra). Ce jeune mort était en train de mourir de la grippe espagnole en 1918 quand il a été transformé (voir le très court extrait ci-dessous, en anglais non sous-titré).
La grippe espagnole est de nouveau à la une de l’actualité puisque son virus est de type A/H1N1. Et non il ne s’est pas échapper du laboratoire où il a été recréé en 2005. On ne sait pas trop l’origine du virus actuel à part que c’est une recombinaison de virus aviaire (chez les oiseaux), porcin et humain. Il se propage maintenant d’humain à humain comme la grippe saisonnière et est virulente mais ne paniquons pas et regardons ce qui c’est passé avec la grippe espagnol en 1918.
La grippe espagnole a fait entre 30 millions (Institut Pasteur) et 100 millions (estimation récente) entre 1918 et 1919. C’est la pandémie la plus meurtrière dans un si court laps de temps (devant la peste noire). Elle serait également due à un virus de grippe aviaire (touchant les oiseaux) qui aurait muté pour infecter les humains durant l’hiver 1917-1918. Elle était fortement transmissible et peu mortelle (0,15% essentiellement des personnes affaiblis comme toutes les grippes). Mais vers la mi-septembre 1918, le virus remute dans le Nord-est américain. Cette nouvelle version était toujours aussi contagieuse mais nettement plus mortelle (5% des malades). Dans ces cas, après un ou deux jours de symptômes bénins, l’état du malade empirait rapidement: l’atteinte pulmonaire devenait alors évidente. Le malade, prostré, se plaignait de douleurs dans la poitrine, son visage devenait violacé, une mousse sanguinolente s’échappait de ses lèvres. En quelques heures, plus de la moitié de ces cas se terminèrent par la mort (ces symptômes me rappelle quelque chose.. ah oui la transformation vampirique dans la saga Twilight). Ce virus sévit en deux vagues l’une de mi-septembre à décembre 1918 et l’autre de février à mai 1919.
Il est à noter, et c’est une spécificité de cette grippe, la courbe de mortalité est anormalement haute pour la tranche d’âge de 20 a 40 ans, qui représenta 50 % des décès, avec un pic anormal de la mortalité vers 30 ans. Cette tranche d’âge étant habituellement et clairement la moins touchée. Et c’est peu ou prou l’âge d’Edward Cullen lors de sa transformation.
Alors faut-il redouter une nouvelle pandémie? S’il faut rester prudent, les choses ont changé depuis 1918. Tout d’abord, la médecine sait reconnaître plus rapidement les différentes souches de grippes et l’OMS recense la propagation du virus H1N1. Avec les nouveaux systèmes de communication, la communauté médicale du monde entier est au courant des risques, des évolutions… De plus, l’accès au médicament est plus facile en particulier aux antiviraux dont certains sont très efficace contre le H1N1. Une bonne hygiène et des masques limitent aussi la propagation comme se laver les mains avec de l’eau et du savon. Mais tout comme pour la grippe espagnole, le virus actuel continu à évoluer et pourrait devenir moins virulent ou au contraire résistant aux antiviraux… Bref on ne sait pas de quoi demain sera fait mais y a pas encore de quoi paniquer.
Bon sur ce, je m’en vais revoir tous mes films de vampire (parce que c’est trop beau un vampire) en attendant la sortie DVD de Tentation en mars prochain. Je reviendrai sur le cas des vampires et autres êtres de légendes dans de prochains articles.
Logarithme népérien
Twilight- Chapitre 1: fascination (Twilight), 2008.
Réalisé par Catherine Hardwicke
Avec Kristen Stewart, Robert Pattinson, Billy Burke
Film américain
Durée 2h 10min.
Note personelle :
cool
Et comme d’habitude la bande annonce en vost sous-titré