• Magnifiques mécaniques
     
      http://www.sciencesaucinema.fr/magnifiques-mecaniques/
  • L'attaque des mouton-garous
     
     La semaine prochaine a lieu le festival Cinémascience organisé par le CNRS à Bordeaux. C'est la 3e édition de ce festival qui utilise des films comme vecteur de culture scientifique, un peu comme ce blog. La nuit du samedi au dimanche est consacrée aux savants fous et parmi les films diffusés se trouve mon film d'horreur néo-zélandais préféré : Black Sheep. Ce film parle de... mouton, espèce dont l'élevage est très fréquent dans ce beau pays. Malheureusement pour le héros, il en a un peur phobique suite à un traumatisme durant son enfance. Notre héros revient à la ferme familiale (qui fait dans le mouton) et découvre que son frère finance des recherches génétiques sur les moutons avec l'aide d'une scientifique. Les recherches sont également découvertes par deux écologistes végétariens. Ces derniers libèrent un jeune agneau génétiquement modifié et c'est le début des problèmes. Vous aurez donc compris que je vais vous parler des OGM. http://www.sciencesaucinema.fr/lattaque-des-mouton-garous/
  • Est-il possible de rajeunir?
     
     Qui n'a pas rêver de rajeunir ou de rester éternellement jeune? D'autant plus dans notre société qui promeut la jeunesse comme une qualité. Mais tout le monde vous dis que c'est impossible d'inverser l'effet du temps (ni son cours). Que nenni, c'est en tout le cas des retraités floridiens du film Cocoon. Ils "rajeunissent" après des bains dans une curieuse piscine. Certes c'est un film de fiction mais début novembre une équipe de l'Inserm a publié comment ils ont réussis à rendre à des cellules de peau de plus de 100 ans leur "jeunesse", autrement dit en faire des cellules souches. http://www.sciencesaucinema.fr/est-il-possible-de-rajeunir/
  • Le mystérieux violon
     
     Aujourd'hui, des chercheurs ont déclaré avoir percé le secret du vernis des violons stradivarius. Cette découverte me permet de vous parler d'un film que j'aime : Le Violon Rouge. L'histoire est assez un-résumable sans dévoilé une partie importante de l'intrigue. Mais bon je fais essayer de vous faire un condensé : on suit un violon -rouge- d'un maître luthier italien (non pas Stradivari) à travers les époques et les lieux jusqu'à nos jours. http://www.sciencesaucinema.fr/le-mysterieux-violon/

Voyageurs chercheurs

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un de mes films préférés de mon adolescence (rassurer vous je l’aime toujours) 7 ans au Tibet de Jean-Jacques Annaud. Ce film présente l’histoire vraie (enfin plus ou moins romancée) d’Heinrich Harrer une alpiniste autrichien qui a passé 7 ans (de 19944 à 1951) au Tibet. Il y a rencontré, en particulier, le Dalaï-lama et a quitté le Tibet à l’invasion chinoise. Il a ensuite narré son épopée dans un livre Sieben Jahre in Tibet: Mein Leben am Hofe des Dalai Lama (1952) traduit en français sous le titre Sept ans d’aventure au Tibet (en 1954). Ce livre a permis (en commençant par moi-même) à beaucoup d’occidentaux de découvrir la culture tibétaine. En effet une grande partie du livre, tout en relatant les péripéties de l’auteur, décrit la vie et la culture du Tibet dans les années 1940. C’est d’ailleurs cette partie qui servie de base à son article dans National Geographic.

IMG 1188ex359 Lhasa Potala

Ces récits de voyages et d’observations ne sont pas scientifiques car ils ne reposent pas sur une méthodologie rigoureuse mais fournissent néanmoins un témoignage pour des anthropologues. En effet, Harrer n’hésite pas à comparer sa culture à la culture tibétaine mais sans évaluer laquelle est la mieux (autant que je me souvienne, je n’ai pas relu récemment ce livre). En ce sens, Harrer fait preuve plutôt de relativisme culturelle, base de l’anthropologie moderne que d’ethnocentrisme. Le relativisme culturel dit que nos croyances, notre morale… sont relative à notre culture d’origine. Ainsi les occidentaux ont tendance à trouver ignoble de manger du chien tandis que les asiatiques n’ont pas cette répulsion. Il est donc impératif à un anthropologue de bien connaître sa propre culture et les aprioris qu’elle véhicule pour pouvoir observer de façon la plus impartiale une autre culture ou société.

Diverses méthodes reposent sur ce principe tel que l’observation participative (le chercheur participe à ce qu’il observe) et l’ethnographie. Ainsi pour certains chercheurs, il est impossible de comprendre une culture sans faire partie de cette culture. Poussé à l’extrême ce raisonnement dirait qu’il est impossible à un individu de comprendre une autre culture que la sienne. Néanmoins, après des années de vie dans une culture, il est déjà plus facile de comprendre la culture dans laquelle on vit, des années d’études également.

De façon générale, je vous invite à découvrir de nouvelles cultures à travers le cinéma -tant par le cinéma produit par une culture que par le cinéma sur cette culture. Mais il faut bien garder à l’esprit qu’une culture différente est simplement différente et que le cinéma ne reflète qu’une partie de n’importe quelle culture (à commencer par la notre). Vous pouvez toujours compléter votre exploration via des livres et des voyages et si vous voulez vraiment être rigoureux sur des traités d’anthropologie et d’ethnologie… Pour ma part, je me limite encore aux films, aux livres et aux voyages. Ils me permettent déjà largement de me faire comprendre qu’aucune culture n’est simple mais est régie par de nombreuses règles, une longue histoire… Et tout cela me pose des questions sur ma propre culture tout en faisant rêver à des pays lointains.

Logarithme népérien

Sept ans au Tibet (Seven Years in Tibet), 1997
Réalisé par Jean-Jacques Annaud
Avec Brad Pitt, David Thewlis, B.D. Wong…
Film américain
Durée 2h 15min

note perso :

Ultra méga cool

Voici la bande annonce en vo non sous-titré mais ça n’est pas grave.

Plus d’infos sur ce film

Les Anonymous du cinéma

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Après mon premier visionnage du film 8th Wonderland, je me suis imédiatement demandée comment en parler ici. Mais la contre-attaque des Anonymous (ou Anons) après la fermeture brutale de la constellation Mega m’a fournie le déclic. Le film parle d’un groupe d’internaute qui discute d’égale à égale et décide par un vote démocratique d’actions à mener pour changer le monde. Au début les actions sont plutôt potaches : pose d’un distributeur de préservatifs au Vatican, édition d’une Bible Darwin intégrant l’évolution… puis devant le faible impact de ces actions, ils se radicalisent.

Les militants de 8th Wonderland font sensiblement penser aux Anonymous. Comme eux, ils se retrouvent sur internet pour discuter et mettre en place des actions. De même, au départ, les actions sont plus rigolotes que politiques. Les « militants » agissent de façon anonymes. Mais qu’en est-il de la science? L’anthropologue Gabriella Coleman a étudié cette comunauté et son mode de fonctionnement.

Drapeau des Anonymous. Leur devise est : “We are Anonymous. We are Legion. We do not forgive. We do not forget. Expect us (version en français : « Nous sommes Anonymes. Nous sommes Légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n'oublions pas. Redoutez-nous » )
Drapeau des Anonymous. Leur devise est : “We are Anonymous. We are Legion. We do not forgive. We do not forget. Expect us (version en français : « Nous sommes Anonymes. Nous sommes Légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas. Redoutez-nous » )

Car si tout est présenté être sans organisation ni hierachie, tout n’est pas si simple. Si le concept d’Anonymous se veut ouvert à tout le monde, certains compétences, connaissances et sympathies sont implicitement ou explicitement nécessaire. Ainsi il n’y a que certains internautes qui s’engagent. Les sympathisants peuvent se retrouver à travers tous les réseaux sociaux mais les discussions ont essentiellement lieu dans des salons IRC (Internet Relay Chat, protocole de discussion en ligne). L’absence de hierachie est un des fondement philosophique des Anons et est régulièrement rappeler dans les salons IRC. Si l’un d’entre eux veut prendre plus d’importance qu’il en a, il se fait exclure. Il existe des opérateurs qui se chargent des problèmes techniques et qui peuvent exclure une personne indésirable.

L’idéologie de base des Anonymous repose sur la liberté de l’information et la culture du libre. Ces idéaux sont soutenu par une éthique du don/contre don très présente sur internet, en particulier chez les utilisateurs les plus important. Cette vision vient en partie de l’origine universitaire du web où les chercheurs pouvaient communiquer facile et librement leurs découvertes. Cela a continué puisque le web permet à tous de discuter de n’importe quel sujet quelque soit son niveau d’expertise. Cette vision est résumé dans le manifeste d’un hacker rédigé par Loyd Blankenship :

“Mon crime est celui de la curiosité. Mon crime est celui de juger les gens par ce qu’ils pensent et dise, pas selon leur apparence.”

Pour en revenir au film, les deux réalisateurs nous démontre les limites d’un tel système : qui revendique les actions, avec quelle légitimité? Le groupe d’internaute est-il représentatif de la population? Ses positions sont-elles celles de la majorité des gens? Jusqu’où peut/doit aller une action politique?
Outre la réflexion des réalisateurs, le film est remarquable sur plusieurs points. Tout d’abord la version original laisse les personnages parler leur langue maternelle mis à part lors des discussions sur le site en anglais. Ensuite ces même discussions sont présenté sous forme de chat vidéo assez sympathique. Enfin, il y a toutes sortes de références qui font sourire.

Logarithme néperien

Sources/pour aller plus loin :
Traduction de l’article de Gabriella Coleman sur Owni
Casilli A, 2010. Les liaisons numériques. Ed Le Seuil Paris

8th Wonderland (2008)
Réalisé par Nicolas Alberny, Jean Mach
Avec Matthew Géczy, Robert William Bradford, Alain Azerot …
Film Français
Durée 1h34

Note perso

Ultra méga cool

Et la bande annonce en VOSTF car c’est vraiment la version à voir

P.S. : Un film-documentaire sur les Anonymous We Are Legion devrait sortir cette année. Il a été sélectionné pour le festival de Sundance

Péplum indien

1 Comment

A la fin du mois dernier avait lieu un festival de cinéma indien à Montpellier. Pour finir celui-ci, un de mes Bollywood préféré a été projeté : Jodhaa Akbar. Ce film a été récompensé de 6 IIFA Awards (International Indian Film Academy qui récompensent depuis 10 ans les films indiens distribués internationalement) dont celle du meilleur film, meilleur acteur et meilleur compositeur.

Jodhaa Akbar raconte l’histoire de l’empereur moghol Akbar qui a épousé une princesse hindou et qui, pour conquérir sa femme, impose une grande tolérance religieuse. Pour comprendre les ressorts de cette question, il faut mieux connaitre l’empire des grands moghols. Cet empire apparait en 1526 et a pour capitale Agra (là où y a le Taj Mahal). Il est dirigé par une dynastie d’origine turco-mongole et s’étend au nord de l’Inde actuelle, au Pakistan et une partie de l’Afghanistan (voir la carte ci-dessous). Les plus grands empereurs de cette dynastie sont Bâbur (le tigre, le fondateur), Akbar (le grand, celui du film, petit fils du précédant), Sah Jahan (petit-fils du précédant, grand œcuménique et constructeur du Taj Mahal) et Aurangzeb (le fils du précédant, dernier grand moghol et fervent musulman).

Carte de l'empire Moghol (source Wikipedia)

Dans l’empire Moghol, les gouvernants sont de religion musulmane tandis qu’une grande partie de la population (en particuliers dans la partie sud de l’empire) est hindou ou d’autres religions. Les Grands Moghols ont alors alterné une politique soit œcuménique laissant une certaine liberté religieuse soit une politique plus ferme cherchant à convertir à l’islam les hindous. Akbar fut un grand défenseur de la première politique et a même abolit la Jiziya (impôt des terres musulmanes soumis aux non-musulmans seulement). Cette facette est bien montrée dans le film. A l’opposé, son arrière-petit-fils Aurangzeb fut d’un grand rigorisme religieux allant jusqu’à piller les temples hindous et cela conduira à de nombreuses révoltes et une grande instabilité dans l’empire.

Pour en revenir au film, il prône -comme tout bon Bollywood- l’amour et l’amitié entre les musulmans et les hindous. Comme tout Bollywood, il y a de la musique et de la danse et je reste une inconditionnelle d’Azeem O Shan, Shahenshah (voir la vidéo sous la bande annonce). Il est aussi un des films les plus chers avec un budget de 400 millions de roupies (un peu moins de 7 millions d’euros), des décors superbes et beaucoup de figurant. Mais il est loin de la vérité historique : l’épouse rajpoute n’est qu’une épouse parmi la longue liste d’épouses et de concubines d’Akbar. Il permet néanmoins de montrer le contexte politique de l’époque et les réponses apportées par Akbar (dont certains pourraient s’inspirer). Pour conclure, il est à Bollywood ce qu’est Ben Hur à Hollywood.

Logarithme népérien

P.S.: Ce film est sorti en DVD en France avec une version française et une version sous-titré. Il est assez facilement trouvable.

Jodhaa Akbar, 2008
Réalisé par Ashutosh Gowariker
Avec Aishwarya Rai, Hrithik Roshan…
Film indien.
Durée: 3h33

Note perso :

Ultra méga cool

Ultra méga cool

Et comme d’habitude, la bande annonce en vostf

Plus d’infos sur ce film

Mais en plus la chanson Azeem-O-Shaan Shahenshah

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