4 septembre 2015 Ln Arnal 2Comment
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Cet article est basé sur un article déjà publié mais il est enrichie et retravaillé pour mieux correspondre aux articles actuellement mis en ligne.

La Belle Verte est un fable philosophique écologique. A travers des extra-terrestre bienveillant venant sur Terre pour voir comment la société humaine évolue (une seule évolution semble possible), le film pose des questions sur notre société, son humanité et son rapport à la nature. La société idéale décrite par le film est une société proche de la nature et sans hiérarchie. A milieu du film quand les fils de l’héroïne se retrouve chez les aborigènes australiens et les présente comme plus “évolué” que les occidentaux : “ils n’ont rien abimé sur leur terre.” En effet, les aborigènes sont présentés comme vivant en symbiose avec la nature. Mais est-ce vrai? L’homme peut-il vivre sans modifié son environnement.

Les fils de l'héroïne avec les Aborigènes © TF1 Films Production
Les fils de l’héroïne avec les Aborigènes © TF1 Films Production

L’extinction des mégafaunes

Il est possible d’observer une importante diminution des grands mammifères dans les différents continents après l’arrivée d’Homo sapiens (l’homme moderne). Il y a plusieurs hypothèses pour expliquer ce phénomène. La première hypothèse met l’Homme hors de cause. Ce serait dû à un rapide changement climatique qui aurait changé les milieux. Le problème est que cela n’explique les disparitions à Madagascar ou en Nouvelle-Zélande… D’ailleurs ces extinctions ne sont pas simultanées mais relativement simultané à l’arrivée de l’homme.

Description du pourcentage de megafaune dans divers continent au cours du quaternaire (image provenant de Wikipedia sous licence Creative Commons)
Description du pourcentage de megafaune dans divers continent au cours du quaternaire (image provenant de Wikipedia sous licence Creative Commons)

La deuxième hypothèse met en cause de l’Homme indirectement. Celui-ci aurait apporté des maladies avec leurs animaux domestiques. Encore une fois cette hypothèse pose problème puisque les animaux domestiques sont rare chez les amérindiens et les aborigènes. La troisième hypothèse est directement lié aux activités humaines : les brulis pour les cultures et la chasse à l’aide d’armes (sagaie, arc, boomerang…). Les premiers détruisent les milieux et la seconde détruit directement les espèces. C’est ce qui est arrivé au Dodo.

Aucune de ces hypothèses ne fait consensus et il est probable qu’il s’agisse d’un mélange de cause. Les populations de ces espèces étaient fragilisés par des changements climatique et/ou de nouveaux pathogènes, les chasseurs humains ayant fini de faire chuter ces populations jusqu’à l’extinction (ou inversement la chasse humaine à fragiliser les populations qui n’ont pu rester à des changements climatiques ou de nouveaux pathogènes). Enfin, il faut noter que seule l’Afrique semble ne pas avoir subit cette perte de biodiversité. Cela s’expliquerait par la coévolution progressive de la lignée humaine (et de ses comportements) et des faunes et flores présentes.

L’homme fait parti de la nature

Cette question de l’impact négatif de l’homme sur la nature est assez intéressante en elle-même. Dans la société occidentale, il y a une séparation nette entre l’humain et la Nature, une dichotomie. Or il n’en est rien l’homme est un animal parmi les autres. Cette dichotomie est telle qu’elle nous empêche de voir l’aide non négligeable que nous avons eu au cours de l’histoire (et la préhistoire) d’autres êtres-vivants et encore aujourd’hui. Par exemple les chiens nous ont aidé à être des chasseurs encore plus redoutable ou de le rôle des épidémies dans la colonisation des Amériques.

L’homme fait parti intégrante des écosystèmes et les modifies comme les autres espèces, comme les castors qui forment des barrages et impactent l’hydrologie et la vie aquatique de sa région. A l’opposé, des environnements fortement modifiés par l’humain peuvent abriter de nombreuses espèces comme des plantes qui s’adaptent à des sols fortement pollués ou les 10 000 de renards qui vivent dans l’agglomération londonienne.

De plus, la vie proche des humains peut être bénéfique à certaines espèces. Nos villes regorgent d’animaux qui profitent de nos activités et de nos déchets pour vivre ou se faciliter la vie. Ainsi des mésanges américaines ont appris à percer les opercules en aluminium des bouteilles de lait déposé par les laitiers pour boire la crème sur le dessus du lait.  Les oiseaux qui se nourrissent sur les routes s’envole devant une voiture en fonction de la limitation de vitesse et non la vitesse réelle des voitures (enfin de la vitesse moyenne des voitures qui est plus ou moins la limitation de vitesse)… Les exemples sont nombreux et variés…

Mais il reste indéniable que les activités humaines récentes (200 ans) ont entrainer des changements rapides et majeurs (température, pollution…). Face à ces changements rapides, de nombreuses espèces ont dû mal à s’adapter et un certain nombre risque l’extinction. Tout d’abord les changements climatiques (même peu important) peuvent avoir des impacts important sur les espèces ne pouvant pas fortement se déplacer pour retrouver des espaces adaptés (espèces de montagne, coraux…).  En même temps des zones refuges et peu exploiter par les humains comme les montagnes sont de plus en plus densément peuplées et exploitées.

Et les autres espèces?

Il existe des espèces qui ont des comportements qui nous semblent totalement humain comme la sur-chasse jusqu’à l’extinction ou l’agriculture. Ainsi des chimpanzés de l’Ouganda ont l’habitude de chassé une espèce de colobes. Les observations des populations de colobes de la région ont montrés une chute importante du nombre de colobes roux de Zanzibar sur ces 20 dernières années. Cette chute des effectifs est dû à la chasse de ces singes par les groupes de chimpanzés de la région. Cela serait dû à la facilité pour les chimpanzés de chasser efficacement ces singes. En effet ces colobes ne s’enfuient pas face à un prédateur mais se regroupe ce qui est efficace que face un simple chimpanzé mais pas un groupe. La seule chance pour les populations de colobes de la région est que sa raréfaction rende plus difficile pour les chimpanzés de les chasser permettant ainsi aux populations de prospérer.

Certaines fourmis sont de vraies fermières. Certaines espèces de fourmis font pousser des champignons au cœur de leur fourmilière. Le cas le plus célèbre est les fourmis champignonnistes qui apportent de gros morceaux de feuilles dans leur fourmilière. Là, elles les coupent en tout petits morceaux et les déposent sur un jardin où pousse un champignon qui va digéré les feuilles. Ce dernier donnera des petits renflements qui sera mangé par les fourmis. Les fourmis ont même développé des antibiotique pour protéger le champignon des pathogènes. Cette relation  mutualiste (qui est bénéfique aux deux espèces) date d’environ 50 millions d’années.

La seule différence entre l’homme et ces espèces est que nous savons maintenant mesuré notre impact sur les autres espèces et en particuliers des impacts important et brutaux. Nous sommes ainsi capable de nous rendre compte de l’effet de nos activités et donc de les modifier lorsqu’elles sont nocives à d’autres espèces.

Pour en revenir au film, même s’il s’agit d’une fable, son propos simpliste est fortement répété et rend le film peut avenant pour les personnes ne partageant pas le point de vus de Coline Serreau. Cela limite fortement la portée du film. De plus si certains défauts de la population extra-terrestre auraient pu être développé et aurait surement amené un certain intérêt et aurait limité le côté parfait et donneur de leçon de ces gentils extra-terrestre. Ils semblent d’ailleurs plus tenir du mythe du bon sauvage qu’un exemple de cohabitation pacifié entre l’humain et les autres espèces ce qui est dommage.

Pour aller plus loin :

Un article sur l’extinction des mégafaune publié par Dossier Pour la Science, N°43-avril – juin 2004 (partiellement accéssible sur le web)
Le coup de la girafe, par Léo Grasset Ed Le Seuil (Science Ouverte)
Le pearltree sur le sujet (il sera mis régulièrement à jour)

Note perso

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La note des lecteurs :
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La Belle Verte, 1996
Réalisé par Coline Serreau
Avec Coline Serreau, Vincent Lindon, Marion Cotillard
Film français
Durée : 1h 39min

La bande annonce :

2 thoughts on “La belle verte : l’impact de l’homme

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