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Real Humans : les problèmes de définitions

Depuis jeudi dernier, Arte diffuse la deuxième saison de Real Humans, une série suédoise. Cette dernière présente un futur proche où il existe des robots androïdes (hubot) qui sont de plus en plus présent dans la vie quotidienne (travails peu qualifiés, soins aux personne…). Cela entraîne une modification de la société tandis que certains extrémistes s’opposent aux hubots. Enfin certains hubot ont été “libérés” par un scientifique du nom de David Escher.

Ces derniers se rapprochent de plus en plus d’humains car ils ont conscience d’eux et éprouves des sentiments… Ils deviennent de plus en plus humains. Cette question de savoir ce qui fait de nous des humains et ce qui différencie les hubots est au cœur de cette série. Si pour les biologistes la réponse de savoir ce qui est humain est simple : il s’agit des membres de l’espèce humaine. D’autres notions utilisées en science sont plus difficile à définir voir impossible. Et pourtant ce sont des notions apparemment simples que tout le monde comprend et qui ont un mot dans toutes les langues pour recouvrir la même réalité.

La vie

Champ d’étude de la biologie, au cœur de son nom, la vie n’a pas de définition scientifiquement satisfaisante. A l’heure où l’on cherche de la vie en dehors de notre planète, il est important de savoir ce que l’on recherche et ce qui est vivant et ce qui ne l’ai pas. Ainsi la NASA a donné une définition :

est vivant tout système délimité sur le plan spatial par une membrane semi-perméable de sa propre fabrication et capable de s’auto-entretenir, ainsi que de se reproduire en fabriquant ses propres constituants à partir d’énergie et/ou à partir d’éléments extérieurs.

Il existe d’autres définitions mais elles reprennent essentiellement le fait d’être séparer de l’environnement, d’avoir un métabolisme et de pouvoir se reproduire. Aucune ne fait l’unanimité ni ne semble convenir à ce que nous envisageons comme vivant.

L’un des problèmes majeurs est qu’un être considéré comme vivant ne répond pas forcement à ces critères. Le plus marquant est les êtres stériles, la question de savoir s’ils sont vivant ne se posent pourtant ils sont incapables de se reproduire. Il est alors intéressant de remettre l’être dans une lignée.

L’évolution a également donné une autre vision de vivant, comme une grande famille descendant d’un même ancêtre LUCA. On pourrait alors proposer une définition du vivant sur le fait de posséder de l’ADN ou d’être soumis à l’évolution. Or cela pose également problème. Il existe des morceaux d’ADN nommé transposons qui codent pour eux-mêmes et peuvent se déplacer dans le génome. Ils sont soumis à l’évolution mais ne sont pas considérés comme vivant. De même les prions qui sont des protéines miroirs qui modifient les protéines de son hôte pour les rendre pathogènes. L’évolution a besoin uniquement d’unité qui se reproduise parfois avec erreur.

Mais là où la question de ce qui est vivant et de ce qu’il n’est pas, pose réellement problème, c’est pour des êtres/choses aux limites du vivant. Les virus sont-ils des êtres-vivants, sont-ils des descendants d’êtres-vivants ? A quel moment passe-t-on d’un mélange de molécules organiques à un être vivant ? A quoi ressemble la vie sur une autre planète ? Les réponses à ces questions font débat au sein de la communauté scientifique et en sont en lien direct avec la question de savoir ce qui est vivant ou non.

Représentation de l'arbre du vivant d'après la classification phylogénétique du vivant par Spiridon Ion Cepleanu (cc by sa)
Représentation de l’arbre du vivant d’après la classification phylogénétique du vivant par Spiridon Ion Cepleanu (cc by sa)

L’espèce

Autre notion de biologie sans définition unique, l’espèce a tout d’abord été définie sur des critères morphologiques. C’est l’ensemble des individus se ressemblant et comportant des critères qui la définissent. Cette définition est la plus utilisé dans le langage et la conception communs. C’est pour ça qu’on va au zoo voir à quoi ressemble un tigre et au jardin botanique un cèdre.

Cette définition pose problème dans le cas d’espèce avec une morphologie très variable comme les chiens (un chiwawa ne ressemble pas beaucoup à un grand danois) peut laisser penser dans un premier temps à des espèces différentes. A l’opposé, deux espèces dont l’une mime l’autre peuvent être confondues. Néanmoins cette définition est encore utilisée en paléontologie où la morphologie est souvent une des seules informations dont dispose les scientifiques.

De même la phylogénie (recherche des relations de parentés entre les êtres-vivants) a montré que des individus que l’on croyait de la même espèce sont génétiquement assez différent pour être considérés être d’espèces différentes bien que difficilement différentiable d’un point de vue morphologique.

La définition qui est la plus consensuelle est celle des individus qui peuvent se reproduire entre eux et avoir une descendance fertile. Cette définition n’est pas sans poser des problèmes pour l’appliquer. Comme je l’ai déjà dit, elle n’est pas utilisable en paléontologie où on n’a pas accès à ces informations. C’est également le problème pour des espèces avec des populations réparties sur tout le globe où le potentiel de reproduction est supposé mais pas forcément observé.

Cela peut même devenir plus complexe lorsque deux espèces proches ont des zones de répartition proches et s’hybrident dans les zones de contacts. Les hybrides sont même être fertiles mais se retrouve uniquement à cet endroit. C’est le cas chez les canidés où les hybrides sont fertiles et naissent par manque de partenaire de la même espèce. L’hybridation est assez fréquente naturellement chez les végétaux.

Enfin le concept d’espèce fonctionne assez bien pour les espèces multicellulaire ayant une reproduction sexué mais nettement moins bien chez les bactéries et les archés. Il y a alors une définition propre qui se rapport à un degré de similitude avec une souche (colonie de clone) type de l’espèce. En général, on utilise la séquence de l’ARN ribosomique dit ARN 16S qui est très conservé. Les souches (on travaille jamais au niveau de l’individu pour les procaryotes mais de colonies de clone) doivent avoir une ressemblance de 97% à 99%.

Les biologistes ne sont pas les seuls à avoir du mal à définir des notions fondamentales, les physiciens également ont ce problème avec la notion de temps. Je reviendrais dessus peut-être dans un prochain article.

Pour revenir à la série Real Humans, si la première saison a un rythme lent, la seconde a un rythme plus soutenu. Ce qui rend cette série intéressante est dans sa capacité de parler de la société à travers des histoires particulières. Elle permet également d’aborder de façon originale d’autres problèmes comme le racisme, la xénophobie, les minorités sexuelles tout en prônant une ouverture d’esprit… Non sans défaut, la série nous accroche par ses personnages attachants et nuancés. Bref une série à voir et à déguster sans attendre.

Pour aller plus loin :

Trois vidéos TED deux sur l’inerte et le vivant et l’une sur la recherche de vie extra-terrestre

Un article de Hommes & Plantes sur la notion d’espèce

Note perso :


La note des lecteurs :
5/5 (1)

Real Humans (Äkta människor), 2012 (en production)
Créée par Lars Lundström
Avec Lisette Pagler, Pia Halvorsen, Johan Paulsen…
Nationalité Suédoise (SVT1)
Format 55 minutes

La bande annonce :

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