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Harry Potter et la génétique (3/3)

Cet article est le 3 de 3 dans la série Harry Potter et la génétique

Cet article est la suite de deux autres articles qu’il est préférable d’avoir lu. Les termes spécifiques à l’univers d’Harry Potter sont définis dans le premier. Il est également préférable d’avoir des bases en génétique.

En découvrant la maison de famille de son parrain dans Harry Potter et l’Ordre du Phénix (le 5e volet de la saga), Harry Potter découvre un arbre généalogique d’une famille de sorcier. L’arbre généalogique étant un des outils des généticiens, c’est l’occasion de finir la série sur la génétique possible derrière la magie chez les sorciers. Dans un article, des généticiens sont reparti des fait (enfin plus exactement des écris) pour ensuite trouver une explication au fait d’être sorcier ou non à lumière de nos connaissances actuelles. Ces études passent en particulier par la reconstitution d’arbres généalogiques.

Tapisserie représentant l'arbre généalogique de la famille Black (extrait)
Tapisserie représentant l’arbre généalogique de la famille Black (extrait)

Le premier point qu’ils observent est que la magie est un trait plutôt quantitatif. Les sorciers sont ainsi plus ou moins talentueux/puissants. C’est le cas de nombreux traits, comme la taille. Néanmoins ce trait a une base génétique puisque Harry semble avoir hérité du talent de ses parents. Ce type de trait est lié à l’expression de plusieurs gènes et de l’environnement. Dans le cas de la magie, l’environnement semble peu agir puisque les enfants ayant grandi parmi les moldus peuvent être puissant tout comme ceux issus de deux sorciers.

D’autre part certains dons, parler la langue des serpents (fourchlang), la voyance ou le don de pouvoir changer son apparence à volonté (métamorphomage) se retrouve uniquement dans certaines familles et semble donc également avoir une base génétique. Ces trois caractères semblent répondre à une génétique mendélienne classique.

Enfin l’isolation de la communauté magique et les mariages entre ces membres ont très probablement diminué la diversité génétique de la société magique par un effet fondateur. Cette faible diversité peut expliquer le peu de descendance non magique d’un couple de sorciers.

Les scientifiques font alors l’hypothèse d’une mutation sur un gène histone qui a entrainé une altération de la structure du génome. Les protéines histones sont en effet celles qui permettent à la molécule d’ADN de se replier sur elle-même. Elles ont alors un rôle important sur l’expression des gènes les rendant ou non accessible pour être transcrit en ARN (qui sera en suite traduit en protéine). Cette mutation aurait donc un impact important et pourrait permettre une expression « magique » des gènes. Elle pourrait également expliquer les variations entre les sorciers. Si les sorciers ont tous cette mutation, l’expression de leurs gènes varie par l’action d’autres régulateurs (ils représentent 1% du génome humain).

Il serait même possible que les cracmoles pourraient avoir un phénomène épigénétique qui rendrait leurs chromatines proches de celle des moldus. Cela pourrait expliquer leur potentielle perception de la magie qui n’existe pas chez les moldus (cela peut également dû à leur éducation dans le monde magique). Une mutation similaire à celle présente chez les sorciers aurait pu avoir lieu dans d’autres espèces (elfes de maison, goblins…) et pourrait expliquer l’existence de magie chez des non-humains. Cela justifierait que leur magie soit différente de celle des sorciers et sorcières.

Si il impossible de trancher entre les différentes hypothèses présenté dans cette série, cela permet de présenter la génétique non-mendélienne souvent peu connue mais qui soutient de nombreux traits ou maladie. C’est également un exercice sympathique pour les scientifiques qui ont rédigé les différents articles sur lesquels repose cette série.

Ce 5e film marque le passage de la saga vers un univers plus adulte et plus sombre. Il présente, selon moi, la méchante la plus terrifiante de l’univers d’Harry Potter en la personne du Professeur Ombrage. C’est mon film préféré de la saga bien qu’il contienne la des scènes qui m’a le plus attristé de la saga (la mort de Sirius).

Logarithme népérien

Sources /pour aller plus loin :

L’article scientifique sur lequel repose cet article (disponible gratuitement mais en anglais)
Petite histoire de l’épigénétique : l’hérédité au-delà des gènes article publié par National Geographic

Harry Potter et l’Ordre du Phénix (Harry Potter and the Order of the Phoenix), 2007
Réalisé par David Yates
Avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson …
Nationalité américaine et britannique
Durée 2h18

Note perso


La note des lecteurs :
Pas encore de notation

La bande annonce en VF

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