7 mars 2014 Ln Arnal 0Comment
Cet article est le 3 e de 7 dans la série Orphan Black
Temps de lecture estimé : 4 minutes

Avec la sortie du DVD de la saison 1 en France mercredi de la semaine dernière et une semaine de promotion de la saison 2 aux USA, il est temps de finir la série d’articles autour de la saison 1 d’Orphan Black (en espérant à avoir encore d’autres à écrire pour les saisons à venir). Cet article repose sur un élément important de l’épisode final de la saison 1. Il est donc recommander de finir le visionnage de cette saison avant de lire cet article.

Dans le dernier épisode, le décodage d’une partie du génome des clones indique que les clones sont la propriété intellectuelle de leur créateur :

This organism and derivative genetic material is restricted intellectual property.

Avec cette phrase, la série pose une question rarement soulevée par la Science-fiction mais elle est souvent présente dans notre société. Il s’agit de la question de la brevetabilité du vivant.

Cosima travaillant sur le génome des clones © BBC (British Broadcasting Corporation)
Cosima travaillant sur le génome des clones © BBC (British Broadcasting Corporation)

Issue de l’ingénierie, le brevet a été crée pour permettre un retour sur investissement de la recherche et du développement d’un nouveau produit. Ainsi pendant une durée de temps définie, le propriétaire du brevet est le seul à pouvoir produire et vendre son produit. Cela évite que des concurrents copient le produit pour le vendre sans à avoir à compenser des frais de développement. Sans ces frais, ils peuvent proposer un même produit moins cher. Dans un tel cas, un développement de nouveau produit, surtout s’il est cher, n’est pas rentable et donc non intéressant. C’est en particulier important dans des domaines tels que la pharmacie privée. Les entreprises pharmaceutiques dépensent des sommes importantes pour pouvoir développer de nouveaux médicaments (recherche de nouvelles molécules, tests cliniques…). Sans brevet, le médicament serait rapidement copié et vendu moins cher. L’entreprise l’ayant développé ne pourra pas récupérer son investissement financier. Il est alors plus rentable de produire des médicaments déjà connus que de chercher à produire de nouveaux. Cela limiterait énormément les progrès de la médecine (la recherche publique est limitée). On l’observe dans les traitements de maladies uniquement rependue dans le tiers-monde ou rare. Ce système a également ses limites puisqu’il instaure un monopole qui n’est favorable qu’au détenteur du produit et non aux clients.

Mais qu’en ai-t-il pour la recherche agronomique qui peut être également chère (recherche d’individus présentant des caractéristiques intéressante, création de lignée d’individus présentant le maximum de caractéristique intéressante). Les entreprises de ce secteur veulent également pouvoir gagner de l’argent grâce aux découvertes de leurs chercheurs. Mais le brevet protège une invention, est-il alors possible de breveter quelque chose qui existe déjà naturellement ? Pour l’instant la réponse n’est pas claire. D’autant plus que les brevets sont réglementés par les états et donc ce qui peut être brevetable dépend des pays. Il existe néanmoins certaines conventions pour homogénéiser ces règles.

Peut-on breveter un être vivant ?

Oui, mais cela dépend de la façon dont il a été obtenu. Un être vivant issu de croisements n’est pas brevetable officiellement. Par contre s’il est obtenu après mutagénèse et modification de son génome par l’insertion d’un gène (OGM), alors un brevet peut être accordé. Si dans le cas de la mutagénèse, il est possible d’arguer de la “création” d’un nouveau gène, dans le cas des OGM, il s’agit d’un gène déjà existant qui est inséré.

Peut-on breveter un gène ?

Dans le cas de l’agronomie, ce n’est pas le gène qui est breveter mais ce n’est pas le cas en médecine où la question se pose actuellement. Si les États-Unis ont répondu en juin dernier à cette question, ce n’est pas le cas de bien des pays. Ainsi la Court Suprême américaine a rendu un jugement où elle interdit de breveter des gènes humains existant. Par contre, un gène modifié et donc synthétique pourra l’être. De façon générale, les propriétaires de brevets sur des gènes humains n’ont pas de droit spécifique sur les personnes porteuses de ce gène. Ils utilisent leur brevet essentiellement pour vendre des tests de dépistages.

Au-delà de la législation actuelle (et future), ce sont des questions éthiques qui se posent et les œuvres de science-fiction sont le lieu idéal pour expérimenter fictivement différentes alternatives. Or la biologie et ses progrès techniques sont encore peu exploités dans ce genre plus habitué à la physique et à l’informatique. La seconde saison d’Orphan Black devrait explorer plus en avant la question du brevet du vivant et de la propriété de nous-mêmes (lire ce très bon article en anglais).

Pour aller plus loin :

L’émission de la RTS Avis d’experts : Breveter nos fruits et légumes: un pépin dur à avaler?

Clones Are People Too: The Science and Science Fiction of BBC America’s Orphan Black article qui explore les questions autour de la science posé par cette première saison.

Note perso :

Orphan Black, 2013 (en production)
Créée par Graeme Manson, John Fawcett
Avec Tatiana Maslany, Dylan Bruce, Jordan Gavaris plus
Nationalité Américaine, canadienne (BBC America)
Format 42 minutes

La bande annonce en VOSTF

Split Track – Orphan Black – Tous les mercredis… par numero23

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