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Actrices et scientifiques

Alors qu’Hollywood sort deux biopics sur des chercheurs et oscarise l’un des acteurs jouant ces chercheurs (le deuxième était également nominé), alors que la recherche académique se questionne sur son sexisme, alors que peu de personnes peut nommer plus d’une femme de science, parlons de celles qui sont à la fois actrices qui ont contribué à la Science. Oui celles car elles sont plusieurs.

Hedy LaMarr (1914-2000)

Née Hedwig Eva Maria Kiesler à Vienne supposément en 1914 (son année de naissance varie selon les sources entre 1913 et 1915), elle commence sa carrière d’actrice de cinéma en 1930 et devient célèbre en 1933 pour le film Extase qui fait scandale. C’est en effet le premier le film non-pornographique avec une scène de nu et d’orgasme. Après avoir fui son premier mari (de 6), elle signe un contrat avec la MGM qui lui demande de changer son nom qui devient Hedy LaMarr. Elle tourne à Hollywood de 1938 à 1949 (jusqu’en 1945 avec uniquement la MGM). Elle est la Dalida du Samson et Dalida de Cecil B. DeMille, par exemple.
Elle apprend les sciences lors de conférences de travail où elle accompagne son premier mari (Friedrich Mandl), un important marchant d’arme. Ces conférences vont nourrir un esprit déjà doué pour les sciences. Son invention la plus célèbre est un système de transmission d’informations par ondes avec un étalement de spectre par saut de fréquence. Ce système répond au problème du guidage de torpilles depuis un sous-marin sans qu’un brouillage ne soit possible. Ce système est la base du Wi-Fi et du Bluetooth. Elle eut l’idée durant la seconde guerre mondiale avec son voisin musicien George Antheil. Les détails techniques (elle n’avait probablement pas les connaissances techniques nécessaire) furent réglés par Samuel Stuart MacKeown, professeur au Californian Technical Institute. Elle présenta son travail breveté à l’US Navy qui ne l’utilisa pas. On ne sait pas si c’est parce qu’Hedy n’a pas été prise au sérieux en tant qu’actrice ou si l’adoption était trop complexe à cette époque. Hedy ne fut reconnu pour son idée qu’en 1997 quand on chercha à connaître qui a pensé en premier ce système alors largement utilisé. Cette découverte n’est pas la seule de Hedy puisqu’elle n’a jamais arrêté de dessiner des inventions, ce qui lui plaisait plus que les mondanités.

Natalie Portman (1981-)

Révélée dans son rôle dans le film Léon de Luc Besson, elle a carrière cinématographique importante et a été récompensé pour plusieurs de ses rôles. Même si elle a commencé sa carrière jeune, elle n’en néglige pas sa scolarité. Lycéenne, elle participe au concours Intel Science Talent Search et co-signe son premier article scientifique sur une démonstration simple la production d’hydrogène par des enzymes à partir du sucre (elle le signe de son nom d’état civil, Natalie Hershlag). Elle intégré ensuite l’Université d’Harvard déclarant préféré être intelligente qu’une star de cinéma. Cela ne l’empêchera néanmoins pas de tourner Star War épisode II durant ses vacances d’été. Durant cette période, elle assistera les recherches du Professeur Stephen Kosslyn et sera co-auteur d’un article scientifique sur le développement cérébral chez le jeune enfant. Si elle a arrêté le travail de recherche après avoir été diplômée, elle joue néanmoins l’astrophysiciene Jane Foster dans la série de films Thor. A l’occasion du deuxième volet, elle a organisé un grand concours visant à promouvoir les sciences auprès des adolescentes américaines. Les concurrentes devaient réaliser une interview d’une femme scientifique.

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Mayim Bialik (1975-)

Si elle est connue en partie pour son rôle de la neurobiologiste Amy Farrah Fowler dans The Big Bang Theory, elle est elle-même un docteur en neuroscience comme son personnage. Après divers rôles, elle a été révélée en 1990 dans la série Petite-fleur où elle joue le rôle-titre. A la fin de cette série, elle prêtera sa voix à de nombreux personnages de dessins-animés jusqu’en 2005. C’est durant cette période qu’elle entama ses études à l’UCLA. En 2005, elle recommence à jouer dans diverses sitcoms et soutient sa thèse en 2007 sur l’activité hypothalamique des patients atteints du syndrome de Praeder-Willi. Elle est depuis rattachée à la DeVry University et à Texas Instrument pour promouvoir les carrières dans les STEM pour les femmes. Elle a également eu son premier enfant durant la préparation de sa thèse.

Lisa Kudrow (1963-)

Lisa Kudrow est connue mondialement pour avoir joué le rôle de Phoebe dans la série Friends. Elle poursuit depuis sa carrière d’actrice et de productrice. Il est moins connu qu’avant de devenir actrice, elle a été biologiste. Elle est effectivement diplômée de biologie de Vassar College puis elle a travaillé 8 ans avec son père sur les migraines. Elle co-signe un article sur l’influence de la manualité et la migraine. Quand elle découvre le travail d’actrice, elle quitte la recherche pour changer de carrière et devenir actrice avec le succès qu’on lui connait.

Danica McKellar (1975-)

Connue pour son rôle de Winnie Cooper dans la série Les Années coup de cœur à la fin des années 1980, elle est également diplômée en mathématiques de l’UCLA en 1998. Durant ses études, elle co-signe un article qui démontre le théorème nommé de Chayes–McKellar–Winn. Si sa carrière d’actrice est composée de relativement peu de grand rôle, elle continue à jouer régulièrement dans des séries, des films et à prêter sa voix à des personnages de dessins-animés. En parallèle, depuis 2008, elle écrit des livres autour des mathématiques pour un public adolescent, en particulier féminin. Actuellement, elle en a publié 4. En janvier 2014, elle reçoit la récompense de la communication du Joint Policy Board for Mathematics (JPBM). Elle a également fait des vidéos de vulgarisation mathématique sur la chaîne Youtube The Nerdist.

Si le travail d’actrice et de chercheuse peut sembler éloigner pour certain, les deux requièrent une bonne dose de créativité, de rigueur et de passion. La célébrité de ces actrices leur permet d’être de bonne porte-parole, si elles le souhaitent, de la place des femmes en science et en recherche.

Cet article a été précédemment publié sur le site de l’Agence Science Presse

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