25 avril 2014 Ln Arnal 3Comment
Temps de lecture estimé : 4 minutes

Le 25 avril est la journée internationale du paludisme et à cette occasion la chaine américaine HBO a diffusé un téléfilm sur le sujet Mary and Martha l’an dernier. Il a été diffusé en France sur TF1 durant l’été sous le titre Mary et Martha : Deux mères courage. Le film présente le combat de deux mères dont leur enfant est mort du paludisme. L’occasion de parler de cette parasitose qui fait le plus de victime.

Le paludisme est lié à l’infection par le parasite unicellulaire du genre Plasmodium. En effet il existe 5 espèces qui causent toutes, à des degrés divers le paludisme chez l’être humain, les autres parasitant d’autres espèces d’animaux (mammifères, oiseaux et même lézard). Trois (P. vivax, P. ovale et P. malariae) causent des formes bénignes du paludisme sous forme de simples fièvres récurrentes. Une quatrième (P. knowlesi) semble s’être récemment adaptée à l’humain pour l’infecter alors qu’elle infecte déjà d’autres singes. Tandis que P. falciparum cause la forme la plus grave du paludisme dont les fièvres peuvent être mortelles, en particuliers chez l’enfant.

Le Plasmodium a deux hôtes au cours de sa vie. L’être humain pour se multiplier et les moustiques femelles du genre Anophèles pour se reproduire (ce sont les moustiques femelles qui pique pour se nourrir de sang). Au sein du corps humain, le Plasmodium commence par infecter le foie où il se multiplie. Il peut y hiberner pendant plusieurs années (voir la vie entière) pour les formes bénignes et donner lieu à des rechutes. Après la multiplication dans le foie, Plasmodium infecte les globules rouges et s’y multiplie. Le parasite se multiplie tant qu’il fait éclater les cellules. C’est avec l’infection des cellules sanguines que les symptômes apparaissent. Une fièvre accompagnée de tremblement avec des sueurs froides alterne avec de la transpiration intense. Cette alternance est due à l’éclatement des globules. La durée de ces cycles dépend de l’espèce infectieuse. A terme, ces cycles entrainent une anémie. Dans le cas d’infection par P. falciparum, d’autres symptômes peuvent apparaître et indiquer la sévérité de l’infection comme une détresse respiratoire, un affaiblissement général important voir des atteintes cérébrales. Si le paludisme n’est alors pas traité, il peut s’avérer mortel.

Le cycle de vie du parasite responsable de la malaria (Domaine publique)
Le cycle de vie du parasite responsable de la malaria (Domaine publique)

L’humain est infecté par les Plasmodium depuis plus de 50 000 ans (probablement depuis l’apparition de notre espèce). En effet nos plus proches cousins sont également infectés par des Plasmodium. Les gorilles sont en particuliers également infectés par P. falciparum. Si le paludisme est une maladie d’origine africaine, il a suivit les migrations humaines. Il s’est installé en Europe avec l’invasion romaine puis l’Amérique avec les colons européens et les esclaves africains. Durant des siècles, le paludisme pouvait être aussi mortel en Angleterre qu’en Afrique actuellement. Les différentes pharmacopées traditionnelles proposent des antipyrétiques plus ou moins efficaces dont la quinine produite par une plante d’Amérique du Sud qui est toujours utilisée.

Cette longue cohabitation a permis à l’humain d’avoir des défenses naturelles face aux Plasmodium. Tout d’abord une personne infectée plusieurs fois peut développer une immunité nommé prémunition. C’est des symptômes peut virulent qui protège d’une infection ultérieur. Il s’agit d’une infection continue par le parasite mais ce dernier reste en nombre faible dans l’organisme. Cette immunité peut disparaitre si la personne ne reste pas en contact avec le parasite. Cette immunité protège uniquement pour la souche présente là où vit la personne. Quelques gènes liés aux globules rouges peuvent apporter une protection face à Plasmodium. Certains sont à l’origine de maladies génétiques (drépanocytose, favisme, thalassémie) mais ils sont (ou ont été) favorisés dans les populations habitant dans les zones à forte prévalence du paludisme.

Dans les années 50, le paludisme a été éradiqué d’une grande partie de l’Europe et de l’Amérique centrale et du Sud par l’assèchement des marais et la pulvérisation de l’insecticide DDT. Il n’est plus endémique en France métropolitaine depuis 1960 et 1973 pour la Corse. Mais le paludisme est encore présent dans plus de 90 pays de l’Afrique sub-saharienne, d’Asie et d’Amérique latine.

La moustiquaire, une arme efficace face au paludisme. © Working Title Films
La moustiquaire, une arme efficace face au paludisme. © Working Title Films

Outre le traitement des personnes infectées, la lutte contre cette maladie passe essentiellement dans l’évitement des piqûres des Anophèles par l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide pour dormir (l’Anophèle est un moustique nocturne) et d’insecticide à l’intérieur des maison car après un repas de sang l’Anophèle ne va pas loin et pour limiter leur impact sur l’environnement. La recherche d’un vaccin est rendu difficile car P. falciparum a une forme différente pendant la phase dans le foie et celle dans le sang. De plus des souches résistantes aux antipaludiques classiques apparaissent. La recherche se concentre donc plutôt vers de nouveaux médicaments.

Le téléfilm présente assez bien le risque mortel du paludisme et les conséquences socio-économique de sa forte prévalence. Même si c’est une histoire vraie, il repose sur l’empathie et le pathos et l’aide de ces pauvres africains pauvres par des occidentaux. De façon générale, il répond aux stéréotypes du genre de l’adaptation d’histoire vraie dans des téléfilms. Ça reste un divertissement sympathique et une bonne vitrine au problème du paludisme.

Logarithme népérien

Pour aller plus loin :

La fiche de l’OMS sur la paludisme
La fiche de l’institut Pasteur sur le paludisme

Mise à jour du 13 octobre 2015 :

La chercheuse chinoise Youyou Tu a reçu le prix Nobel de médecine 2015 pour sa découverte de l’artémisinine, un des traitements le plus utilisé contre le paludisme.

Mary et Martha : deux mères courages (Mary and Martha), 2013
Réalisé par Phillip Noyce
Avec Hilary Swank, Brenda Blethyn, Sam Claflin …
Nationalité Américain , britannique
Durée 1h30

Note perso :

[display_rating_form]

La note des lecteurs :

[display_rating_result]

La bande annonce en VO non sous-titrée

3 thoughts on “Mary et Martha : les effets du paludisme

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Si vous déposez un commentaire sur notre site, il vous sera proposé d’enregistrer votre nom, adresse de messagerie et site web dans des cookies. C’est uniquement pour votre confort afin de ne pas avoir à saisir ces informations si vous déposez un autre commentaire plus tard. Ces cookies expirent au bout d’un an.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.